La Tête dans les Étoiles 

Aimer son corps et s'aimer soi-même

"La véritable beauté, c'est aimer son corps tel qu'il est et s'aimer soi-même"

Accepter son corps n’est pas chose facile. Depuis toujours, l'être humain devrait rentrer dans les critères de beauté que lui imposent son époque. On vit dans un monde où l’image que l’on renvoie est primordiale : un monde d’apparence! J’ai grandi avec l’idée que l’enveloppe corporelle était plus importante que ce qu’il y avait en nous, ce que nous dégagions, ce que notre cœur et notre âme représentaient réellement pour les autres. Le monde de la haute bourgeoisie Genevoise s’intéresse plus au nom de famille, à la religion et à nos tenues vestimentaires qu’à la bienveillance, le respect ou bien la générosité envers les autres (en général... heureusement, ils ne sont pas tous comme cela). En plus de tout réapprendre après mon AVC (accident vasculaire cérébral), j’ai dû apprendre à bien me tenir à table et en société, apprendre à manger avec des services en argenterie (qui pèse plus lourd que de simples couverts IKEA et qui sont tout aussi bien), à me tenir et parler correctement et élégamment dans les dîners et apéros mondain... Longtemps, j’ai répondu aux attentes de mes parents et à celles des autres. La pression que l’on se met est avant tout une pression sociale : "Nous cherchons désespérément à transmettre une bonne image aux autres, à ne pas leur faire de mal, à être comme ils le souhaitent".(1) Puis cette pression sociale s’immisce en nous et se transforme en un perfectionnisme que NOUS nous imposons. Ceci est dû à la façon dont nous construisons nos pensées. Dès notre plus jeune âge, nous donnons forme à notre image personnelle en nous basant sur ce que les autres nous disent ou nous projettent. Nous nous construirons une identité plus forte et résistante si notre entourage nous donne confiance et nous projette une image forte ou, au contraire, nous développerons une image vulnérable si on nous a toujours appris à faire plus attention à ce que les autres disent ou pensent, au lieu de nous occuper de nous-mêmes (ou si nous avons des parents qui n'ont pas confiance en eux et donc nous renvoie cette non-confiance)… Croire en soi n’est donc pas facile quand notre entourage attire notre attention sur nos défauts et nous dévalorise par rapport aux autres.(2) Le corps qui est le nôtre devient alors un poids que nous essayerons de remodeler indéfiniment.

Pour accepter mon corps handicapé, je suis passée par des phases de mépris, de dégouts et de haine envers mon coté paralysé. Il m’a fallu beaucoup de temps pour assumer mon hémiplégie; et de laisser un homme entrer dans ma vie et mon intimité a été compliqué. J’ai essayé par tous les moyens de cacher mon handicap car je ne voulais pas que l’on puisse voir ma différence. Toute l’année, je portais des manches longues pour dissimuler mon bras et ma main paralysés sous une couche de vêtement, même en pleine été sous une chaleur écrasante. J'ai aussi voulu me faire opérer pour ne plus boiter. J'avais entrepris toutes les démarches pour le faire mais cela m'aurait coûté 1 à 2 années de collège, plusieurs chirurgies, une extension de ma jambe droite, des douleurs très violentes (allonger un os est très douloureux) et des cicatrices sur toute la jambe. De plus, il aurait fallu partir à Minneapolis pour mes interventions car il y avait de grands spécialistes là bas. J'ai alors changé d'avis car je trouvais cela beaucoup trop contraignant. Finalement, j'ai accepté de boiter et j'ai travaillé ma musculature et ma mobilité pour rééquilibrer ma démarche le plus possible. De vouloir cacher ou fuir ce qui nous gêne est un processus totalement normal. La tentation de vouloir nous échapper de ce qui nous embarrasse est logique. Mais lorsque cette choses que nous méprisons fait parti de nous, la fuite créera et ne fera qu’empirer un sentiment de mal-être qui grandira en nous. De plus, ce que nous fuyons nous accompagnera dans notre vie et refera surface au moment où nous nous attendrons le moins et se répètera tant que nous n'y feront pas face. Ceci provoquera un cercle vicieux qui aggravera ce sentiment de mal-être.(3)


À l’adolescence, j’ai tant voulu m’échapper de ce corps que je n’aimais pas que j’ai fini par être complètement brisé de l'intérieur. Je croyais au début qu’ignorer la moitié de mon corps serait une solution. Mais plus j’essayais de "couper" mon corps en 2 pour ne pas avoir à supporter mon handicap, plus je sombrais dans un profond mal-être qui me faisait de plus en plus souffrir.


Ce qui m’a aidé à changer le regard que je porte sur moi-même et sur mon corps sont: l’auto-hypnose (la sophrologie), l'activité physique, mais surtout le courage de ne plus être gêné par rapport à qui je suis et à l’image que je renvoie aux autres.

Retrouver une intimité positive grâce à l'auto-hypnose

À l'adolescence, je ne m'occupais pas beaucoup de moi et encore moins de mon bien-être. Le rapport que j'avais avec mon corps était assez malsain. Je voulais toujours faire plus, aller toujours plus loin: une performance physique constamment insatisfaite. Je faisais beaucoup de physiothérapie pour reprendre le contrôle de mon corps. Grâce à cela j'ai fait d'énorme progrès, mais pas que... je me suis mise au sport d'une façon maladif: tout ce qui pouvait me donner un sentiment de contrôle était, à ce moment-là, un plaisir destructif. Je ne m'arrêtais jamais; je voulais toujours aller plus loin que ce que mon corps pouvait en réalité.

 

Mon burn-out a été révélateur de ce contrôle abusif et finalement je remercie mon corps d'avoir arrêté cette course frénétique qui ne me menait nul part et qui rimait à rien, à part me détruire à petit feu. J'ai arrêté mon Master avec une idée en tête: apprendre à m'occuper de moi et prendre soin de mon corps. L'université était un tel investissement que je m'ignorais complétement à tel point que j'agressais mon corps en plus de lui en vouloir. À force de l'ignorer et de l'insulter, mon corps s'est finalement exprimer en me bloquant et en me terrassant. C'était sa façon à lui de me dire: "J'existe!", "Traites moi bien!", mais aussi, "Calmes toi!", "Prends du temps pour toi!" ou encore "Reposes toi!". Je lui en ai atrocement voulu et cela m'a pris des années à comprendre que mon burn-out avait une bonne raison de survenir à ce moment là, mais aussi à comprendre que mon corps avait finalement raison de ne pas être content de la façon dont je le traitais...

Le corps humain est une machine extraordinaire et impressionnante: nous mangeons, nous digérons, nous respirons... tout cela sans que nous y prêtions attention. On ne s'en rend pas compte avant d'être vraiment malade, d'avoir vraiment un "bâton" qui bloque les rouages de ce fabuleux mécanisme qui prend soin de nous pendant toute notre vie, nuit et jour. En effet, il a son propre système de défenses qui nous protège 24 heures sur 24 sans qu'on le sache. Quand nous tombons malade, on l'insulte mais en attendant, nous ignorons qu'il nous a protégé de dizaines d'autres bactéries, virus ou infections avant cela. Notre corps nous supporte, il nous accompagne et nous aide dans tout ce que nous entreprenons sans rien dire la plupart du temps. Parfois, il nous envoie des petits messages du style un léger rhume, un petit mal de tête, une indigestion... qui se règlent avec une bonne nuit de sommeil, un paracétamol ou un ibuprofène; et hop, on repart comme si de rien n'était. Quand tout va bien, on ne dit rien à notre corps et on continue à ne pas l'écouter, à mettre des pansement sur des plaies ouvertes pour les ignorer. Pourtant, notre corps nous parle, mais nous ne l'écoutons pas. Lorsque nous tombons malade, c'est une façon que notre corps a trouvé pour entrer en communication avec nous. Et là, ça ne nous plaît pas du tout... et c'est au moment où la maladie est bien installée que nous prenons conscience de notre corps.

J'ai commencé à l'écouter et à chercher comment prendre soin de mon corps. Un jour, alors que je m'étais allongée dans mon lit le soir pour dormir, j'ai entrepris un dialogue avec moi-même, avec mon corps, afin de m'excuser. M'excuser de lui causer tant de mal. Je l'ai ensuite remercié de tout ce qu'il faisait pour moi, de me soutenir et de déployer autant de force pour me permettre de vivre ma vie sans aide particulière: pouvoir marcher sans béquille ni atèle, pouvoir faire du ski, du snowboard, du vélo et même de la grimpe sur mur artificiel,  pouvoir me suivre dans tous mes délires d'activités x ou y et de tenir le coup pour moi. Et surtout, de pouvoir être totalement indépendante, pouvoir vivre seule, sans aide à domicile. Cela peut paraitre bizarre ou ringard de parler à son corps mais c'est très important de le faire.C'est ce qui a initié un changement en moi.

À l'arrêt de mon Master, j'ai vu une hypnothérapeute car je n'arrivais plus à m'en sortir toute seule, surtout du bouleversement gigantesque que produit le burn-out. Ce fût un tel tsunami intérieur qu'il m'a fallu une personne qui puisse m'aider à démêler tout cela. Je ne savais plus par où commencer. Grâce à elle, nous avons pu établir un point de départ : la confiance en moi! Elle a su me guider et me conseiller dans mes pratiques d'auto-hypnose pour retrouver, petit à petit, ma confiance. Il ne m'a pas fallu beaucoup de séances car elle a vite vu que je plongeais très rapidement et très facilement dans un état d'hypnose. C'est là que j'ai compris que je faisais déjà de l'auto-hypnose lorsque j'étais en pédiatrie pour me décharger de la souffrance et de la difficulté des épreuves que je traversais à la suite de mon accident. C'est comme cela que j'ai pu continuer à me battre jour après jour pour en être arrivé là où j'en suis maintenant.

 

Lorsqu'on parle d'hypnose, la plupart des personnes pensent que nous tombons dans un état d'inconscience tel que l'hypnothérapeute sera capable de nous manipuler. Hors, dans un état d'hypnose, nous serons toujours conscient de ce qui nous entoure du début à la fin de la séance. Nous sommes simplement dans un état de conscience modifié qui nous plonge dans un bien-être intense, c'est-à-dire une hyper focalisation qui nous captive au point de ne plus prêter attention à ce qui se passe autour de nous. Nous pratiquons tous l’auto-hypnose sans le savoir et cela très régulièrement. Par exemple, lorsqu'on est captivé par un livre et que l'on plonge littéralement dans l'histoire au point d'être émotionnellement affecté par les aventures du protagoniste. Cet état de conscience modifié entraîne une altération de notre conscience. Une fois plongé dans cet état, nous allons pouvoir nous parler de manière positive pour acheminer nos pensées vers le bien-être, la réussite ou un apaisement quelconque (en vu d'un accouchement ou d'une chirurgie par exemple). En effet, les discours internes positifs ou négatifs peuvent nous faire réussir ou échouer une action, comme celle de passer un examen. La meilleure façon de réussir est de se répéter "je peux le faire, je peux le faire, je peux le faire...!".(4)

L'activité physique: harmoniser le corps et l'esprit


Lorsque je suis sortie de pédiatrie, je rêvais presque toutes les nuits de faire du vélo. Pas celui avec les petites roulettes à l’arrière. Celui-ci, tout le monde peut y arriver. Je parle du vrai vélo, le vélo version cyclisme, le vélo de randonné, ce vélo-là qui demande un bon équilibre et de l’agilité. Ce qui, avec un coté à moitié paralysé, était quasi impossible au début car l’équilibre et moi, ça faisait zéro. Ce fût donc un très long entraînement. Des heures passées sur mon 2 roues qui, à peine élancées, tombait déjà. Je m'en souviens encore comme si c'était hier et je me souviendrais toujours du moment où mon vélo et moi sommes partis sur le gravier devant la maison de famille et que nous y sommes arrivés. À partir de ce moment-là, nous étions devenus inséparables. Cela me donnait une liberté et une joie immense: je ne ressentais plus le poids de mon corps lorsque j'étais sur mon vélo. Comme je boite; marcher est un véritable calvaire : ma hanche droite tire sur mon bas ventre, mon périnée et mon dos. Je ne peux donc pas marcher longtemps et je marche assez lentement. Le vélo était alors pour moi un moyen de déplacement fantastique car je pouvais filer à toute biture et surtout, on ne voyait plus mon handicap. J’étais ainsi une personne redevenue "normale" et je me fondais bien dans la masse. Ce sport était pour moi une manière de cacher ma différence, mais aussi de pratiquer une activité seule.  En effet, une autre problématique que me causait mon handicap était le sport d’équipe. Cela m’était insupportable d’exposer mon corps et ma différence aux yeux des autres, d’une part; et d'autre part, je ne voulais pas ralentir le groupe.


Parallèlement, je faisais beaucoup de physiothérapie pour récupérer le plus de mobilité possible. J’ai ensuite suivi une amie qui faisait du fitness. J’ai ainsi commencé à m’ouvrir un peu aux regards des autres mais je restais seule sur mes machines et ne dérangeais donc personne. C’était un petit fitness, très familier, très vite j’ai été une habituée et je connaissais alors la majorité des clients qui y allait. De plus, j’y étais avec mon amie, ce qui me rassurait.

 
Avoir une activité physique est primordiale afin de développer au mieux l’image de soi. Cela nous aide à travailler la perception de notre corps dans l’espace, la maîtrise du corps et l'expression motrice et corporelle: prendre conscience de notre corps et de nous-même. Qu’importe l’activité, pourvu que nous travaillons notre rapport au corps de manière saine et harmonieuse, libéré de toute contrainte sociale et de tout encouragement à la performance.


Il faut bien évidement trouver l’activité physique qui nous plaît, qui nous convient et que l’on peut réaliser avec les limites que notre corps nous impose parfois. Par exemple, l’équitation est une activité que beaucoup d'invalides peuvent pratiquer et même sous forme de thérapie au début: un paraplégique, un hémiplégique ou un tétraplégique peut retrouver la sensation de la marche grâce au cheval. En effet, monter à cheval est une sensation extraordinaire pour une personne qui ne peut plus marcher ou, comme moi, qui a des difficultés à la marche. En effet, nous "accompagnons" avec notre bassin le cheval qui sera alors la prolongation de nos jambes. L’année dernière, j’ai pu tester l’équithérapie avec Séverine Perrenoud, psychologue FSP et zoothérapeute cheval et chien, qui pratique à l’écurie La Minella à Collex-Bossy. L'équithérapie est une thérapie psychocorporelle qui prend en compte l'individu dans sa globalité, aussi bien sur le plan physique que psychique. C'est une activité qui vise à apporter bien-être, confort, apaisement et confiance en soi. Elle utilise le cheval comme médiateur entre le patient et le thérapeute. Le cheval ne soigne pas à proprement parler mais il va pouvoir "lire" ce que la personne est en train de vivre. Grâce à des sens très développés, il est un véritable miroir des émotions ressenties par le patient. Le cheval est très réceptif à ce qui l'entoure et s'adapte rapidement à la personne qu'il a en face de lui. Lorsque j'étais petite, mon père faisait de l'équitation et avait un cheval très doux et calme. J'avais l'habitude de l'accompagner au manège et de monter son cheval, West Tip. Je le sentais vraiment à l'écoute de mon corps et de ma différence. 

Vers 24 ans, mon endométriose est arrivée et là, tout à basculer. Mes douleurs étaient telles que je ne pouvais plus faire de vélo. J'ai dû mettre de côté mon cher et tendre 2 roues et arrêter les activités cardio. Mais pas question d’arrêter le sport pour autant. Je me suis orientée assez naturellement vers des activités plus douces pour mon périnée et mon bas ventre. De plus, mes douleurs inexpliquées m'angoissaient car je ne comprenais plus ce que mon corps me disait et pourquoi il avait aussi mal. Moi qui connait si bien mon corps, j'ai commencé à faire des crises d'angoisse car notre communication était rompue. J'ai ainsi commencé le yantra yoga (yoga tibétain) et le pranayama (technique de respiration profonde) pour m'apaiser et tenter de retrouver une harmonie avec lui. Cela m'a beaucoup aidé au moment de mon burn-out. J'avais besoin d'un changement radical à plusieurs niveaux.

Croire en soi : c'est comprendre qu'être unique et différent des autres est un avantage

À force de vouloir être comme tout le monde, de nier et de repousser mon handicap et d'essayer de faire comme si j'avais autant de capacité qu'un individu valide, je me suis effondrée. J'avais l'habitude d'en faire toujours beaucoup plus pour être à la même "hauteur" que les autres mais cette fois-ci, j'avais trop tiré sur la corde. Faire un burn-out et s'en sortir implique nécessairement un changement radical en nous : Pour guérir l'extérieur, il faut commencer par guérir l'intérieur. Un tel changement nous oblige à nous mettre face à nous-même et à nous poser les bonnes questions et souvent, les questions qui font mal et qui blessent.

"Il n’est jamais trop tard pour être ce que l’on aurait pu être"

-George Elliot

Mon burn-out était lié à plusieurs éléments. C'était dur au début de savoir par où commencer. J'avais alors besoin d'aide. Le duo psychiatre/hypnothérapeute m'a beaucoup aidé dans ma transformation et mon développement personnel. J'ai commencé doucement à changer de perspective sur mon corps et sur moi-même : Je me suis rendue compte qu'être différente n'est pas une tare, qu'au contraire, accepter mes défauts et les choses qui me dérangent dans mon corps, me fera me sentir de mieux en mieux. J'avais perdu toute confiance en moi et ce, depuis bien plus longtemps que je ne le pensais. Arrêter mon Master était un sacré coup dur sur mon perfectionnisme. Mais ce qui m'avait détruit complètement et en profondeur était en réalité mon premier amour. J'étais sortie avec un manipulateur ou plus exactement en terme psychologique, un pervers narcissique (c'était comme ça que ma psychiatre l'appelait). J'avais fait mon burn-out 4 ans après ma rupture. Je croyais donc être guéri de cette infâme créature, mais il paraîtrait que non, qu'il me hantait toujours. C'est sûr qu'un garçon qui vous dit que vous devez rester avec lui parce qu'il sera le seul à pouvoir supporter votre handicap, c'était peut-être un peu choquant, je vous l'avoue. Bien que je n'y ai pas cru une seconde et que je l'avais expulsé de ma vie totalement, cela m'avait peut-être marqué sans que je m'en rende compte. Retomber amoureuse m'a pris un certains temps et j'en ai retenu des leçons. Ainsi j'ai pu rompre le cercle vicieux pour ne pas que cela se répète à nouveau et aller de l'avant.

Croire en soi et être bien avec soi-même prend du temps et cela nécessite de la volonté: je n'aime pas tourner en rond et ruminer, je dois avancer, trouver des solutions pour aller mieux. La volonté est un muscle puissant qui s’entretient grâce à des pensées positives, orientées vers notre bien-être et nos envies personnelles. (2)

Le système éducatif oublie de nous apprendre à croire en soi. Il nous pousse à être comme la majorité des gens et à rester dans des moules parce que cela rassure. Parce qu’être dans un moule (donc être "normal" selon la pensée des gens) signifie être et se comporter comme ceux qui nous entourent. Être normal, rassure la société mais aussi nos parents car ils ont l'impression qu'on fera comme eux; selon leur image du Bonheur. Ils oublient parfois que l'image du Bonheur est personnelle et unique. Chacun a son image de ce qui va le rendre heureux. Je me suis ainsi battue, à partir de ce moment, pour sortir du moule et agir selon mes propres volontés. En effet, chacun de nous est différent! Nous sommes nés pour laisser notre propre trace dans ce monde et, pour cela, nous devons trouver notre propre raison de vie, ce qui nous donnera envie d'avancer tous les jours avec le sourire vers notre image du Bonheur. (2)

La première voix que vous devez écouter est la vôtre

Le regard des autres n’a pas à vous dicter votre vie. Ce n’est pas eux qui vivent dans votre corps, avec vos douleurs physiques et psychiques : Nous ne vivons pas pour les autres, nous vivons pour nous! Pourquoi perdre du temps à se cacher, à se détester, à avoir peur du jugements et du regard des autres. Comme me le répète ma sœur Astrée (5) depuis bien des années: "Il faut être un minimum égoïste pour être bien dans sa vie". À partir du moment où j'avais compris tout cela, ma vie a pris un nouveau tournant. Quand on parvient à enfin être bien avec soi-même et à laisser ses complexes et ses défauts de côté, tout change. Nous avons plus de recul pour comprendre les choses: J'ai ainsi eu un déclic qui m'a mené au fameux lâcher prise dont tout le monde parle: un calme profond qui nous permet d’avancer dans notre réalité avec plus de résolution et de liberté; une harmonie entre notre nous intérieur et le nous extérieur. Aux yeux des autres, toutes ces qualités sont aussi attirantes que désirables; si si, je vous assure. La beauté physique émerge de nos imperfections. (6)

 

"Nous réalisons que nous sommes dignes d’être aimés, simplement parce que nous existons, sans nous sentir obligés d’accomplir des actions extraordinaires pour cela". - Sharon Salzberg, auteure de Comment s’ouvrir à l’amour véritable


J'ai alors accepté de m'ouvrir aux autres et de pratiquer un sport en groupe. Il y a 6 ans, j'ai décidé de me lancer dans une nouvelle activité physique qui me faisait envie depuis quelques temps: grâce à ma demi-soeur, Stella (5), j'ai pris mon premier cours chez Aerial Dance Geneva de yoga aérien. J'ai retrouvé cette sensation de liberté extraordinaire. Le yoga aérien me donne la possibilité de ne plus ressentir le poids de mon corps: s'inverser donne une impression d’apesanteur exquise. Cela a été une belle révélation et un nouveau déclic : non seulement j'ai accepté de pratiquer un sport en groupe mais en plus, j'ai permis aux autres de m'aider. Ce fût un gros travail pour moi car j'ai toujours refusé l'aide que l'on m'apportait autrefois. Je voulais être capable de tout faire toute seule. De plus, accepter de l'aide, c'est exposer sa différence à l'autre: il faut du courage pour laisser l'autre entrer dans sa sphère privée. C'est un long travail de développement personnel pour accepter de montrer sa différence. Grâce au yoga aérien et au cours de cerceau, j'ai pu accepter mon corps tel qu'il est et accepter l'aide que l'on me donnait. J'ai accepter alors qu'on me touche et donc qu'on touche mon côté handicapé pour corriger mes positions dans la swing (le hammac du yoga aérien) ou sur le cerceau. Grâce à cela, grâce aux autres, j'ai pu réussir des figures que je ne croyais jamais pouvoir faire. C'est un sentiment, une perception corporelle, indescriptible : atteindre certaines figures en yoga aérien ou sur le cerceau n'est pas une satisfaction personnelle, c'est beaucoup plus que ça... c'est un Bonheur, une béatitude absolue. À ce moment là, j'oublie tout: les douleurs, les tensions, le handicap. Car à ce moment là, j'accepte mon corps tel qu'il est, avec ses bobos et ses défauts.

- "La perfection d'un corps imparfait" (Ma première fois sur un cerceau: été 2016) -
par Célimène le 25 février 2019

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​© Août 2018 par Célimène Weber/La Tête dans les Étoiles, créé avec Wix.com

© Dessin du logo " La femme sur une balançoire céleste ", Avril 2018 par Michael Dudok De Wit

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